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Carte blanche à Martine Willemin
Contrainte
"Je me souviens" de mon premier émoi culinaire. Une plongée dans le passé, la mémoire, dans l’éveil des sens.


 

Le thé de ma mère

Je me souviens du petit bol à oreilles dans lequel Maman me versait le thé chaque matin. Je revois, avec une étonnante netteté, la petite Bretonne dessinée sur le fond, qui apparaissait en transparence. Ce bol de thé, bien ancré dans ma mémoire, est la petite madeleine* qui me ramène au cœur de ma tendre enfance. Je n’avais pas encore deux ans lorsque ma chère maman, constatant avec désolation que mon estomac fragile ne supportait plus le lait, prit la décision de me supprimer le biberon. Avec l’espoir de m’initier au plaisir gustatif du thé familial, tout en m’ouvrant l’appétit. Au fil des jours, elle devait se réjouir de me voir apprécier la couleur ambrée de ce nouveau breuvage et de m’entendre l’aspirer entre mes lèvres, à petites gorgées, avant d’y tremper mes tartines.

Cette boisson, bien que légère, dégageait des vapeurs odorantes que je humais avec délices. Il faut dire que rien n’était négligé dans le rituel de préparation : théière ébouillantée, eau frémissante et durée d’infusion maîtrisée. Jamais de sachets (quel sacrilège !), mais du thé en vrac, des meilleures origines disponibles à l’époque. Plus tard, à la nouveauté du goût et du parfum est venue s’ajouter la consonance poétique de noms mystérieux : ceylan orange pekoe, darjeeling, lapsang souchong… Toutes les conditions étaient réunies pour faire de moi une future adepte.

Aujourd’hui, j’apprécie toujours autant les vertus digestives de cette liqueur qui confère à mes journées une promesse de sérénité. Maman m’a quittée, mais, grâce à elle, je continue de découvrir les richesses de l’univers du thé. Mélange parfumé ou cru d’un jardin réputé – souple ou corsé selon l’humeur de la journée –, et théière appropriée, versé dans une tasse en porcelaine fine ou un bol japonais. On ne dira jamais assez l’importance du contenant.


* Depuis l’édition 1998 du Petit Robert, Alain Rey a ajouté une acception au mot madeleine : “(allusion à l’expérience de la madeleine de Proust) Objet, sensation qui fait ressurgir d’agréables souvenirs.”

 

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Ouverture
Le thé de ma mère
Le Cha No Yu ou cérémonie du thé
Mots-valises
Please, do not disturb

 

 

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