C’est un jeune amant
Qui a arrêté le temps.
Le mien.
Ensemble,
Nous marchons à l’amble.
Et nous avons toujours faim.
Ma gourmandise est affûtée.
Mais à quelle sauce le manger ?
Tout cru ? A la croque-au-sel ?
Trop simple. Trop frugal.
Et même, un rien cannibale.
Pas assez sensuel.
Alors, comment accommoder
Sa chair délectable ?
Lui napper le râble
D’une sauce veloutée ?
L’assaisonner à la vinaigrette
Comme d’un veau la tête ?
Ou l’escorter d’une mayonnaise
Relevée de sauce anglaise ?
Non, ça fait canapé,
Et je ne veux pas n’en faire qu’une bouchée.
Pas non plus le manger tout cuit, tout rôti,
Avec par exemple une sauce grand veneur.
Car sa chair tendre appelle plus de douceur
Que celle d’un gibier rassis.
Reste la flamboyante sauce tomate.
Aux petits oignons ?
Un peu trop chaud latin, non ?
Pas assez délicate.
Une autre plus corsée, alors ?
Tiens, au roquefort ?
Je suis sûre que ça lui plairait.
Mais moins à mon palais.
Ou bien encore une sauce au piment ?
Erotisme oblige…
Histoire de dynamiter nos (d)ébats.
Allons, nous n’en sommes pas encore là !
Pas que je nous inflige
Une ruse de vieux amants.
Et puis, s’il faut absolument une recette
Qui en promette,
Autant déguster ses bas-morceaux en meurette
Avec ma langue en mouillette !
Bon, je crois que j’ai trouvé.
Pour le déguster de manière enchanteresse,
Ce sera une sauce à l’amante.
Tout en féminité
Et en tendresse,
Qui chaque nuit se réinvente. |